Entre sommets enneigés et eaux cristallines, la Haute-Savoie se découvre au rythme de ses lacs. De l’ambiance maritime de Thonon-les-Bains au romantisme médiéval d’Annecy, récit d’une échappée belle au pied des géants de pierre.
Mon périple débute sur les rives du plus grand lac d’Europe occidentale , le Léman. À Thonon-les-Bains, l’ambiance est unique. On surplombe l’eau depuis la ville haute, observant le ballet incessant des navettes qui fendent les flots pour rejoindre la Suisse, juste en face. On sent ici que le lac est une frontière vivante, un trait d’union entre deux pays.


En longeant la côte, je m’arrête dans un petit village préservé non loin d’Yvoire. Ici, le temps semble s’être arrêté. Entre deux murs de pierres sèches, la vue se dégage brusquement sur les montagnes suisses qui se reflètent dans une eau d’un bleu profond. C’est le calme absolu avant de rejoindre l’effervescence annécienne.



Puis, la route m’a conduit vers Annecy, la célèbre Venise des Alpes . L’arrivée dans la vieille ville est un choc visuel , on se laisse immédiatement porter par le courant des canaux qui serpentent entre les façades colorées. Pour prendre la mesure du lieu, il faut s’attaquer à la montée vers le château médiéval. La silhouette massive de cette ancienne forteresse des comtes de Genève domine les toits de tuiles et offre une vue plongeante sur le dédale des ruelles pavées. En redescendant, on croise inévitablement le Palais de l’Isle, cette vieille prison de pierre posée au milieu de l’eau comme la proue d’un navire figé dans le temps.



L’exploration continue en longeant les rives du lac vers le majestueux Impérial Palace. Cet hôtel mythique, qui a vu passer l’Impératrice Sissi, impose son architecture belle époque face à l’immensité émeraude. C’est ici, sur les pelouses du pâquier, que l’on comprend pourquoi Annecy fascine autant. Le spectacle des petites coques en bois traditionnelles qui tanguent doucement au bord des pontons invite à la dérive. On imagine sans peine le plaisir de s’éloigner des berges à bord de ces embarcations légères pour aller frôler le pied des montagnes qui plongent directement dans l’eau pure du lac.
Mais un trip en Haute-Savoie ne serait pas complet sans s’attabler pour goûter à l’âme du terroir. Entre deux balades, l’odeur du fromage fondu nous rattrape toujours une tartiflette crémeuse au Reblochon fermier ou une fondue partagée après une longue marche sont des passages obligés. Pour plus de finesse, il faut se tourner vers les trésors du lac, comme la Féra ou l’Omble Chevalier, servis simplement pour en apprécier la fraîcheur. Ce séjour entre Thonon et Annecy se termine comme il a commencé, au bord de l’eau, l’esprit chargé d’images de sommets enneigés et de canaux romantiques, avec cette envie de revenir perdre à nouveau la notion du temps dans les Alpes.



