La Vallée de la Loire dans le silence de l’Histoire

En pleine période Covid, les routes étaient vides et les châteaux presque silencieux. Une invitation inattendue à voyager autrement, entre pierres royales et jardins endormis.

Mon périple débute en Anjou. Perché sur son piton rocheux, le château de Saumur domine majestueusement la vallée. Si la visite s’est limitée à ses extérieurs grandioses, la véritable magie s’opère en redescendant vers le cœur de ville.

Les ruelles pavées nous guident à travers l’histoire jusqu’à la superbe maison des compagnons , une bâtisse à pans de bois parfaitement conservée qui témoigne de l’excellence de l’artisanat local. La balade dans le centre historique, le long des rives de la Loire, donne le ton du séjour , lent , esthétique et chargé d’histoire

En prenant la direction de l’Est vers Blois, la route serpente à travers la campagne tourangelle. On y croise une multitude de petits châteaux de seigneurs, moins connus mais tout aussi charmants, cachés derrière des rideaux d’arbres. L’étape suivante devait être Villandry. Connu dans le monde entier pour ses jardins Renaissance géométriques et ses potagers colorés, le domaine était malheureusement fermé lors de mon passage. Une frustration vite transformée en promesse celle d’y revenir aux beaux jours.

Le voyage se poursuit jusqu’au Château d’Amboise, dont la silhouette épouse parfaitement le relief de la ville. L’anecdote architecturale qui marque les esprits ici, c’est la fameuse Tour des Minimes. À l’intérieur, pas d’escalier, mais une rampe hélicoïdale en pente douce. Elle permettait autrefois aux cavaliers et aux attelages de monter directement du bas de la ville jusqu’aux terrasses du château sans descendre de cheval !

À quelques pas de là se trouve le Château du Clos Lucé. Bien que ses portes fussent closes, se tenir devant cette demeure de briques roses reste émouvant , c’est ici que Léonard de Vinci a passé les dernières années de sa vie, invité par le roi François Ier qui le nomma Premier peintre, ingénieur et architecte du Roi.

Arrivée à Blois, une ville construite en amphithéâtre sur la Loire. Le Château Royal de Blois est une leçon d’architecture à ciel ouvert , sa cour intérieure mélange quatre époques et quatre styles différents du Moyen-Âge au Classique. En face du château vous trouverez l’Église Saint-Vincent-de-Paul datant du 17ème . Temple de la liberté pendant la Révolution française elle devient une l’église paroissiale en 1826.

Après avoir déposé les affaires dans une chambre d’hôtes typique nichée dans les ruelles du centre historique, j’ai entrepris l’ascension de la ville. En grimpant vers l’hôtel de ville l’ancien palais épiscopal et la cathédrale Saint-Louis l’ancien palais épiscopal et la cathédrale Saint-Louis, on accède aux jardins de l’Évêché via de petites ruelles atypiques . De là-haut, la vue panoramique sur les toits d’ardoise et le fleuve est magnifique nous rendons compte de l’envergure de la ville .

Impossible de venir dans la région sans faire un détour par le géant de pierre. Posé au milieu d’un domaine forestier grand comme Paris intramuros, le château de Chambord écrase tout par sa démesure.

Les vastes jardins à la française soulignent la symétrie parfaite de l’édifice voulu par François Ier. À l’intérieur, se dresse le mythique escalier à double révolution. Pensé par Léonard de Vinci, il permet à deux personnes de monter et descendre sans jamais se croiser. Une prouesse fascinante.

Pour clore ce périple, la route redescend vers le sud-ouest, direction la vallée de la Vienne. La forteresse royale de Chinon se dresse, brute et en partie en ruines, offrant un contraste saisissant avec l’élégance de Chambord ou d’Amboise. C’est dans ces murs que Jeanne d’Arc a rencontré le futur roi Charles VII.

Mais Chinon, c’est aussi un terroir de caractère. Le trip ne pouvait s’achever sans un passage par les caves locales pour ramener quelques bouteilles de vin rouge . Le point final parfait pour une échappée à la française.